La lutte pour améliorer les conditions de vie des familles ne date pas d'hier. Dans ce documentaire, nous vous présentons les travailleuses et travailleurs qui se sont battus pour faire changer les lois et les conventions collectives. Des personnes qui, malgré la répression politique et l'insécurité économique, ont réussi à réaliser des gains importants pour les travailleuses et travailleurs, tant syndiqués que non syndiqués.

Le documentaire montre comment les féministes, les syndicalistes et les militants politiques ont bâti une puissante coalition, mobilisé l'opinion publique et réussi l'impossible. D'une durée de 20 minutes, le documentaire commence dans les années 60, l'époque de la lutte pour la reconnaissance du rôle des femmes dans la société et sur le marché du travail. Cette lutte a débouché, en 1971, sur la création des congés de maternité partiellement payés en vertu du programme d'assurance-chômage. Ensuite, on fait le point sur les luttes menées au Québec et en Colombie-Britannique pour que les femmes aient droit à des congés de maternité entièrement payés. Cette partie se termine par un hommage aux tout premiers syndicats féministes.

Dans les séquences d'archives, on voit des syndicalistes manifester, recruter des membres et faire la grève pour que la question des obligations familiales devienne une priorité syndicale. Dans les séquences contemporaines, on découvre les nouvelles luttes dans ce domaine, telles que les négociations sur les dispositions, en inuktitut et en déné, concernant la reconnaissance de l'adoption selon les coutumes autochtones. Quant aux parents qui ont des enfants ayant des besoins spéciaux, ils mènent encore aujourd'hui de longues et difficiles négociations.

La reconnaissance du droit des femmes à reprendre leur emploi après un congé de maternité; l'ajout de dispositions exécutoires sur la conciliation travail-vie personnelle; le droit au congé de deuil pour les conjoints de même sexe : Les luttes syndicales pour la famille : un précieux héritage raconte aussi ces luttes. Le réalisateur démontre que la société bénéficie davantage du « congé pour raisons familiales » que des « valeurs familiales » véhiculées par la droite conservatrice. Il nous rappelle aussi qu'il ne faut jamais oublier, même si cela est difficile à croire, que des syndicalistes ont été emprisonnés pour avoir revendiqué ces droits!

On découvre également, grâce au documentaire, comment le remplacement du salaire, le droit de reprendre son poste et la protection des prestations de retraite ont permis de réduire la discrimination économique que subissent les femmes. Le réalisateur démontre aussi combien il est hasardeux de financer les congés de maternité à même la caisse d'assurance-emploi, alors que les gouvernements de droite font périodiquement main basse sur cet argent.
Pour clore le documentaire, le réalisateur fait un bref survol mondial. Pourquoi les travailleuses des États-Unis n'ont-elles eu droit qu'à un congé de maternité de quatre semaines en 2009? Comment certains pays, dont l'Allemagne, peuvent-ils enregistrer une forte croissance économique tout en offrant de meilleures prestations de maternité et familiales? Quel est l'impact de la mondialisation de l'économie sur les obligations familiales des travailleuses et travailleurs?

Il faut rendre hommage aux militantes et militants de la première heure et il faut préserver leurs voix et leurs visages. Il faut aussi préserver la mémoire de ces organismes féministes qui, en raison de compressions, se sont transformés ou sont disparus. Il faut féliciter les acteurs de la scène politique, les militantes et militants communautaires et les syndicalistes pour leurs nombreux succès… et leur rappeler que la tâche est loin d'être finie.

D'abord et avant tout, il faut être fier de ce qui a été accompli : ces luttes ont amélioré le sort de nos familles, des communautés, des régions et du pays. Nous disposons maintenant d'une fondation solide sur laquelle bâtir l'avenir. Notre documentaire s'inscrit parfaitement dans ce processus.